Estimateur d'émissions Scope 3 | ciferi
L'Afrique du Sud occupe une position unique dans le paysage des rapports de durabilité. En tant que plus grand émetteur de gaz à effet de serre...
Introduction
L'Afrique du Sud occupe une position unique dans le paysage des rapports de durabilité. En tant que plus grand émetteur de gaz à effet de serre d'Afrique et principal producteur d'électricité du continent, les entités sud-africaines qui rapportent les émissions Scope 3 font face à des défis de collecte de données distincts. Le cadre réglementaire sud-africain s'appuie sur les normes du Protocole GES et sur les directives du Conseil pour la Divulgation Climatique (TCFD), plutôt que sur un régime de divulgation obligatoire unique. Cependant, les sociétés cotées à la Bourse de Johannesburg (JSE) sont tenues de se conformer au Code de gouvernance d'entreprise du King Report (King IV), qui exige la gestion et la divulgation des risques climatiques. Les entités sud-africaines qui sont des filiales de sociétés mères soumises à la CSRD doivent fournir des données Scope 3 pour la consolidation conformément aux normes ESRS E1.
Contexte réglementaire
L'organisme de régulation principal en Afrique du Sud est la Johannesburg Stock Exchange (JSE), qui supervise les divulgations des sociétés cotées. Le Conseil sud-africain de la Reine pour la Divulgation Climatique et l'Intégrité de l'Environnement n'existe pas en tant que tel; à la place, les cadres directeurs incluent le King IV Report on Corporate Governance (publié en 2016 et largement appliqué depuis), qui demande aux organisations de rendre compte de leurs impacts climatiques et environnementaux dans le contexte plus large de la gouvernance et de la création de valeur.
Le Département de la Justice et du Développement Constitutionnel supervise les rapports de développement durable au titre de la Loi sur la promotion de l'égalité des droits (PEPUDA) et de la Loi sur l'équité en matière d'emploi (EEA), bien que ces cadres ne soient pas directement axés sur les émissions de carbone. L'Agence sud-africaine pour l'énergie (SANEA) et l'Agence sud-africaine pour l'environnement (DEFF) publient des données sur les émissions nationales, mais ne prescrivent pas les méthodologies de rapportage pour les entités individuelles.
L'Institut sud-africain des vérificateurs (IRBA) est l'organisme professionnel d'audit sud-africain et approuve les auditeurs statutory. L'IRBA adopte les normes ISA avec des ajouts au titre des Normes sud-africaines de pratique d'audit (SAAPS), qui complètent les ISA. Pour les travaux d'assurance limités sur les divulgations GES en vertu de l'ISAE 3410 ou de l'ISAE 3000 (Révisé), les praticiens de l'assurance suivent à la fois les ISA et les SAAPS.
Orientation pratique
Les entités sud-africaines estimant les émissions Scope 3 devraient utiliser plusieurs sources de facteurs d'émission. Le Protocole GES Scope 3 Calculation Guidance demeure la source normative primaire. Pour les émissions spécifiques à l'Afrique du Sud, les entités peuvent accéder aux facteurs de conversion d'émissions publiés par l'Agence sud-africaine pour l'énergie et aux rapports d'inventaires nationaux du DEFF.
Pour la Catégorie 1 (Biens et services achetés), le facteur d'émission par défaut de 0,42 kg CO2e par euro dépensé s'applique à la plupart des activités d'approvisionnement. Cependant, pour les approvisionnements en matériaux spécifiques à l'Afrique du Sud (notamment les minerais, les métaux et les produits forestiers), les facteurs d'émission spécifiques à l'activité du cycle de vie doivent être utilisés si disponibles.
Pour la Catégorie 3 (Activités liées au carburant et à l'énergie), le facteur d'émission de la grille électrique sud-africaine est environ 1,12 kg CO2e par kWh (basé sur la localisation, 2023), nettement plus élevé que celui de l'Europe occidentale. Ce facteur reflète la dépendance continue de l'Afrique du Sud envers l'énergie à base de charbon pour la production d'électricité. Eskom, le monopole d'État producteur d'électricité, génère environ 80 % de la capacité d'électricité du pays à partir de centrales au charbon de vapeur. Pour les Catégories 6 (Voyages professionnels) et 7 (Trajets des salariés), les facteurs du Protocole GES demeurent appropriés, car les données spécifiques à l'Afrique du Sud pour les modes de transport sont limitées.
Pour les Catégories 4 et 9 (Transport en amont et en aval), utiliser les facteurs de tonne-kilomètre fournis dans le tableau de cet estimateur. Le transport routier au sein de l'Afrique du Sud (notamment par camion de marchandises) domine les flux d'approvisionnement et d'acheminement de produits.
Attentes d'assurance
Les prestataires d'assurance sud-africains effectuant une assurance limitée sur les divulgations GES en vertu de l'ISAE 3410 se concentrent sur la cohérence méthodologique, la documentation des sources de facteurs et l'exhaustivité des limites. L'IRBA n'a pas publié d'avis thématique spécifique sur les rapports Scope 3, contrairement aux organismes de régulation d'audit des pays occidentaux. Cependant, les auditeurs doivent appliquer le paragraphe 18 de l'ISAE 3410, qui exige que l'auditeur obtienne une compréhension satisfaisante des processus de rapport GES, y compris la sélection et l'application des facteurs d'émission.
Les éléments probants suffisants signifient que l'auditeur doit vérifier indépendamment le choix des facteurs d'émission, réconnaître les limitations des données (en particulier les estimations basées sur les dépenses pour les catégories où les données d'activité réelles ne sont pas disponibles) et documenter les domaines où les données manquent. Pour les entités sud-africaines rapportant à la fois au King IV et à la CSRD (en tant que filiales de sociétés mères européennes), la réconciliation entre les deux cadres est attendue.
Spécificités locales
Le mix énergétique sud-africain a subi des perturbations significatives. Les défaillances d'Eskom ont entraîné des délestages programmés (« load shedding ») depuis 2018, forçant les entités à recourir à des sources d'énergie alternatives. Ceci comprend le déploiement rapide de l'énergie renouvelable distribuée, des générateurs diesel d'appoint et l'importation d'électricité depuis les pays voisins. Le réseau sud-africain étant interconnecté avec ceux du Botswana, de la Namibie et du Zimbabwe, les entités doivent documenter la source de leur électricité achetée pour appliquer le facteur d'émission approprié.
La transition énergétique sud-africaine s'accélère. Le gouvernement a annoncé un plan visant à retirer progressivement le charbon d'ici 2050 et a ouvert l'accès au réseau pour la génération d'énergie renouvelable distribuée. Le facteur d'émission de la grille de 1,12 kg CO2e par kWh diminuera au fil du temps, ce qui signifie que les estimations Scope 3 pour les catégories impliquant la consommation d'électricité sud-africaine diminueront si les niveaux d'activité restent constants.
L'économie sud-africaine repose fortement sur l'exploitation minière et la transformation. Les entités de ces secteurs génèrent une exposition Scope 3 significative à partir de la Catégorie 1 (achats de minerai, de charbon, de métaux) et de la Catégorie 4 (transport en amont des matières premières brutes depuis les mines vers les installations de transformation). Les facteurs d'émission du cycle de vie pour les minerais et les métaux produits en Afrique du Sud sont disponibles auprès du Conseil international des minerais et de l'énergie (ICMM), dont de nombreux membres sont des producteurs sud-africains.
L'Afrique du Sud demeure un producteur agricole majeur. Les entités du secteur agricole rapportant Scope 3 doivent inclure les émissions de changement d'affectation des terres (Catégorie 1 ou relevant des données d'activité en amont) si la conversion de terres agricoles ou l'utilisation de terres pour la production d'intrants de récoltes (engrais minéraux, carburant agricole) est significative.
Questions fréquemment posées
Le King IV Report exige-t-il la divulgation Scope 3 pour les sociétés cotées à la JSE ?
Le King IV Report exige la divulgation des risques climatiques et environnementaux, y compris la résilience financière face aux scénarios climatiques. Il ne prescrit pas explicitement la divulgation Scope 3, mais les sociétés cotées à la JSE qui ne divulguent pas Scope 3 doivent expliquer pourquoi elles estiment que ce n'est pas significatif. Cela signifie qu'en pratique, la plupart des grandes sociétés cotées à la JSE divulguent Scope 3.
Quels facteurs d'émission spécifiques à l'Afrique du Sud dois-je utiliser pour la Catégorie 1 ?
Pour les approvisionnements génériques ne provenant pas spécifiquement d'Afrique du Sud, le facteur par défaut de 0,42 kg CO2e par euro dépensé s'applique. Pour les matériaux produits en Afrique du Sud (notamment les minerais de fer, le cuivre, le platine, l'or, le charbon thermique), utilisez les facteurs d'émission du cycle de vie spécifiques à l'Afrique du Sud publiés par le Conseil international des minerais et de l'énergie ou par l'Université de Pretoria.
Comment dois-je tenir compte du délestage programmé dans mes calculs Scope 3 ?
Si votre entité a acheté de l'électricité auprès d'Eskom ou d'une autre source du réseau sud-africain, utilisez le facteur d'émission de localisation de 1,12 kg CO2e par kWh pour cette portion. Si vous avez généré votre propre électricité à partir d'une source renouvelable distribuée (panneaux solaires, éoliennes) en réponse au délestage, ces émissions Scope 1 doivent être déclarées dans les émissions Scope 1, pas Scope 3. Les émissions évitées de délestage (c'est-à-dire les émissions qui auraient eu lieu si vous aviez consommé l'électricité du réseau) ne sont pas comptabilisées dans le Protocole GES standard, bien que certaines entités les divulguent à titre de contexte.
L'IRBA publie-t-elle des directives spécifiques sur l'assurance Scope 3 en vertu de l'ISAE 3410 ?
L'IRBA n'a pas publié de directive spécifique à la Scope 3 depuis l'adoption de l'ISAE 3410. Les auditeurs doivent appliquer le jugement professionnel conformément aux paragraphes 18 et suivants de l'ISAE 3410, qui exigent une compréhension du processus de rapport GES, y compris la sélection des facteurs d'émission. Les auditeurs doivent documenter les limitations des données et les hypothèses formulées, en particulier pour les estimations basées sur les dépenses.
Les entités sud-africaines rapportant sous la CSRD utilisent-elles les mêmes facteurs d'émission que celles rapportant uniquement sous le King IV ?
Non. La CSRD exige le respect des normes ESRS E1, qui imposent une plus grande granularité dans la collecte de données d'activité et une plus grande précision dans le choix des facteurs d'émission. Les facteurs de dépenses génériques (comme 0,42 kg CO2e par euro dépensé) sont autorisés par le Protocole GES uniquement en tant que mesure de dernier recours lorsque les données d'activité ne sont pas disponibles. La CSRD exige des données d'activité réelles et des facteurs d'émission spécifiques à la source chaque fois que c'est possible. Une entité sud-africaine qui rapporte à la fois au King IV et à la CSRD doit documenter les différences de périmètre et de méthodologie entre les deux rapports.
Constats d'inspection et pratiques documentées
Les données d'inspection propres à l'Afrique du Sud sont limitées, car l'IRBA ne publie pas d'avis thématiques publics au même rythme que les organismes de régulation d'autres juridictions. Cependant, les constatations d'audit internationales suggèrent des lacunes communes dans les rapports Scope 3 qui s'appliquent également aux entités sud-africaines.
Les praticiens de l'assurance opérant en vertu de l'ISAE 3410 dans d'autres juridictions ont noté que les entités sud-africaines dans les secteurs extractifs omettent fréquemment les émissions de Catégorie 4 (transport en amont) pour les matières premières brutes transportées depuis les mines vers les installations de transformation sur le territoire sud-africain. Cette omission est significative, car le transport routier par camion sur de longues distances dans les régions minières (notamment en direction de Johannesburg et de Durban) génère des émissions importantes.
De plus, les entités sud-africaines qui utilisent des générateurs diesel pour compenser le délestage programmé rapportent parfois les émissions de carburant diesel dans Scope 1, mais omettent les émissions en amont (extraction, raffinage, transport du carburant) de la Catégorie 3 du Scope 3. Cela crée une incohérence où le Scope 1 de l'entité augmente, mais le Scope 3 ne reflète pas les émissions liées à la fourniture du carburant additionnel.
Contenus connexes
Consultez les outils et ressources supplémentaires suivants pour les missions d'audit en Afrique du Sud:
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- Calculateur de matérialité ISA - Déterminez les seuils de matérialité conformément à l'ISA 320 pour les entités sud-africaines.
- Kit d'évaluation des risques de fraude ISA 240 - Documentez et évaluez les risques de fraude en vertu de l'ISA 240 (Révisée).
- Classeur ISAE 3410 GES - Modèles de papiers de travail pour les missions d'assurance limitée sur les émissions GES en vertu de l'ISAE 3410.