Estimateur d'émissions Scope 3 | ciferi

Le Canada n'a pas de législation fédérale mandatant la divulgation obligatoire des émissions de gaz à effet de serre pour toutes les entités....

Cadre de reporting au Canada

Le Canada n'a pas de législation fédérale mandatant la divulgation obligatoire des émissions de gaz à effet de serre pour toutes les entités. Cependant, les entités cotées en bourse sur les marchés canadiens font face à des attentes de divulgation croissantes via plusieurs canaux. La Commission des valeurs mobilières de l'Ontario (CVMO) a publié des attentes de conformité avec les recommandations du Groupe de travail sur l'information financière relative aux changements climatiques (TCFD). Les grandes institutions financières canadiennes, en particulier les banques et les sociétés d'assurance, font l'objet d'une surveillance accrue par la Banque du Canada et le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) concernant l'exposition aux risques climatiques. Les entités canadiennes qui sont des filiales de sociétés mères assujettis à la norme CSRD de l'Union européenne doivent fournir des données de Scope 3 pour la consolidation selon les normes ESRS E1-6.
Le protocole de quantification et de reporting des émissions de gaz à effet de serre, connu sous le nom de GHG Protocol, reste le cadre dominant. Les entités canadiennes estimant les émissions de Scope 3 utilisent les facteurs d'émission du Protocole GHG, les données de Statistique Canada, et les facteurs spécifiques à la Colombie-Britannique ou à d'autres provinces le cas échéant.

Contexte réglementaire

Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) publie les données nationales d'inventaire des gaz à effet de serre en vertu de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). La Loi canadienne sur la responsabilité en matière de pollution atmosphérique exige que les grandes installations émettant plus de 10 000 tonnes d'équivalent CO₂ par année divulguent leurs émissions de Scope 1 et de Scope 2 via le Système national de déclaration des gaz à effet de serre (SNDGES). Ces données de Scope 1 vérifiées constituent une base solide pour que les clients de ces installations calculent plus précisément leurs émissions de Scope 3 Catégorie 1.
La Banque du Canada et le BSIF supervisent les institutions financières et exigent que les grandes banques, sociétés d'assurance et caisses de retraite évaluent les risques climatiques. Bien que le BSIF n'ait pas publié de cadre prescriptif de reporting du Scope 3, ses attentes en matière de gestion des risques climatiques incluent la compréhension des émissions financées du portefeuille d'investissement.
Statistique Canada publie des données de consommation énergétique par secteur et par province, qui peuvent être utilisées pour estimer les émissions de Scope 3 Catégorie 3 (activités liées aux combustibles et à l'énergie). Environnement et Changement climatique Canada fournit des facteurs d'émission spécifiques aux combustibles pour le Canada.

Orientation pratique

Les entités canadiennes estimant le Scope 3 doivent utiliser les facteurs d'émission du GHG Protocol comme source primaire pour les activités canadiennes, complétés par les facteurs spécifiques à ECCC quand ils sont disponibles. Pour la Catégorie 1 (biens et services achetés), les facteurs basés sur les dépenses du GHG Protocol fournissent un point de départ initial pour les entités sans données d'activité détaillées par fournisseur.
Pour l'électricité, le facteur d'émission du réseau canadien varie considérablement selon la province. La Colombie-Britannique, l'Ontario et le Québec ont des grilles largement décarbonisées (moins de 0,050 kg CO₂e par kWh) en raison de la production hydroélectrique et nucléaire. L'Alberta, la Saskatchewan et la Nouvelle-Écosse ont des facteurs d'émission beaucoup plus élevés (0,600 à 0,800 kg CO₂e par kWh) en raison de la dépendance au charbon et au gaz naturel. Appliquez le facteur d'émission spécifique à la province où l'électricité est consommée, non un facteur national moyen.
Pour le transport, utilisez les facteurs du GHG Protocol ventilés par mode de transport (routier, ferroviaire, maritime, aérien) et, le cas échéant, par type de combustible.
Pour les déplacements d'affaires (Catégorie 6), le GHG Protocol fournit des facteurs distinctifs pour les vols intérieurs, les vols court-courrier et long-courrier, avec séparation par classe de cabine. Pour le trajet domicile-travail (Catégorie 7), les données de Statistique Canada sur la mobilité des travailleurs peuvent être utilisées pour estimer les distances moyennes et les modes de transport par région.
Pour les déchets (Catégorie 5), les facteurs d'émission dépendent du mode d'élimination : mise en décharge, incinération avec ou sans récupération énergétique, compostage, recyclage. ECCC publie des facteurs pour les installations canadiennes de gestion des déchets.

Attentes en matière d'assurance

Les fournisseurs d'assurance canadiens effectuant une assurance limitée sur les divulgations de gaz à effet de serre en vertu de la norme ISAE 3410 ou ISAE 3000 (Révisée) se concentrent sur la cohérence méthodologique, la documentation de la source des facteurs d'émission, et l'exhaustivité des limites du reporting.
Le BSIF s'attend à ce que les institutions financieres décrivent les émissions financées en détail, identifient les catégories de Scope 3 incluses ou exclues, expliquent les méthodes utilisées, et divulguent le pourcentage des estimations basées sur des données réelles par rapport aux données estimées.
Pour les entités canadiennes rapportant sous CSRD (en tant que filiales de sociétés mères de l'UE), la réconciliation entre le reporting CSRD et la méthodologie canadienne est attendue. Les cadres CSRD et GHG Protocol diffèrent dans leurs limites de consolidation et leurs définitions de Scope 3. Tout écart entre les chiffres rapportés doit être expliqué.

Spécificités du Canada

Le mix énergétique canadien varie radicalement entre les provinces. Le Québec génère 99% de son électricité à partir de sources renouvelables et nucléaires. La Colombie-Britannique est à environ 95% hydroélectrique. En revanche, la Saskatchewan et la Nouvelle-Écosse dépendent fortement du charbon et du gaz naturel. Une entité avec des opérations dans plusieurs provinces doit appliquer le facteur d'émission spécifique à la province pour chaque installation, pas un facteur national unique.
Le secteur des hydrocarbures canadien (pétrole, gaz naturel) représente une part importante des émissions nationales et des exportations. Les entités dans la chaîne d'approvisionnement en énergie ont des profils de Scope 3 importants. Les émissions amont (extraction, traitement, transport vers les clients) peuvent dépasser les émissions directes de Scope 1.
Le SNDGES vérifie les données de Scope 1 pour les installations grandes émettrices. Si votre fournisseur signale ses émissions au SNDGES, ces données vérifiées peuvent être utilisées pour affiner votre estimation du Scope 3 Catégorie 1 plutôt que d'utiliser des facteurs génériques.

Questions fréquemment posées

Le Canada exige-t-il la divulgation du Scope 3 pour les entreprises ?
Non, il n'existe pas de mandat fédéral unique. La CVMO s'attend à ce que les entités cotées en bourse divulguent les émissions de Scope 3 si elles sont significatives d'un point de vue financier. Les institutions financières réglementées par le BSIF doivent évaluer les risques climatiques et les émissions financées. Les filiales d'entités de l'UE assujetties à la CSRD doivent fournir des données de Scope 3 pour la consolidation.
Quel facteur d'émission du réseau électrique devrais-je utiliser pour le Canada ?
Utilisez le facteur d'émission spécifique à la province où l'électricité est consommée. La Colombie-Britannique, l'Ontario et le Québec sont en dessous de 0,100 kg CO₂e par kWh. L'Alberta, la Saskatchewan et la Nouvelle-Écosse sont entre 0,600 et 0,800 kg CO₂e par kWh. Un facteur national moyen masquerait les écarts importants. Statistique Canada et ECCC publient des facteurs provinciaux à jour.
Comment les données du SNDGES interagissent-elles avec le reporting du Scope 3 ?
Le SNDGES enregistre les émissions vérifiées de Scope 1 pour les installations de plus de 10 000 tonnes d'équivalent CO₂ par année. Si votre fournisseur est un grand émetteur signalant au SNDGES, vous pouvez accéder à ses émissions de Scope 1 vérifiées via les registres publics. Utilisez ces données pour calculer votre Scope 3 Catégorie 1 plus précisément que les facteurs génériques.
Existe-t-il des exigences spécifiques au Canada pour le Scope 3 dans le secteur financier ?
Le BSIF s'attend à ce que les banques, les sociétés d'assurance et les caisses de retraite évaluent les risques climatiques sur leurs portefeuilles d'investissement, ce qui inclut la compréhension des émissions financées. Bien que le BSIF n'ait pas prescrit un format spécifique de reporting du Scope 3, les institutions doivent démontrer la compréhension de leur exposition aux émissions. La CVMO s'attend à ce que les entités cotées en bourse divulguent les émissions de Scope 3 en vertu des recommandations du TCFD.
Quelle est la source des facteurs d'émission canadiens ?
Le GHG Protocol est la source primaire acceptée. ECCC publie des facteurs d'émission spécifiques au Canada pour les combustibles, l'électricité et le transport. Environnement et Changement climatique Canada met à jour ces facteurs périodiquement. Utilisez la version de facteur correspondant à votre année de reporting.

Constats d'inspection internationaux

Les données d'inspection internationales de l'AFM montrent que 35% des entités divulguant le Scope 3 sans spécifier quelles catégories du Protocole GHG (15 catégories) ont été incluses ou exclues du chiffre déclaré.
Les vérificateurs travaillant selon la norme ISAE 3410 ont noté que les entités canadiennes omettent fréquemment les émissions amont (puits à réservoir) du Scope 3, malgré la disponibilité des facteurs amont pour tous les combustibles majeurs. L'omission des émissions amont sous-estime le Scope 3 total de 10% à 20% pour les entités avec une consommation de combustibles importante.
Les fournisseurs d'assurance ont identifié que plusieurs entités divulguent des estimations du Scope 3 avec des baisses d'année en année qui résultent de changements méthodologiques (changement de base de données de facteurs d'émission) plutôt que de réductions réelles, sans divulguer la restatement.
L'AFM a trouvé que certaines entités disclosent les émissions du Scope 3 sans expliquer quel pourcentage est basé sur les données réelles par rapport aux données estimées, ou sans expliquer comment les écarts de données ont été traités.

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