Fonctionnement
L'ISA 315.A116 catégorise l'asserion d'existence comme l'une des cinq asserions clés d'audit. Elle répond à une question fondamentale : cet actif existe-t-il vraiment, ce passif est-il réellement une obligation, et cette transaction s'est-elle effectivement produite ?
Contrairement à l'asserion de présentation (qui demande si une transaction est correctement classée et décrite), l'asserion d'existence demande si la chose elle-même est réelle. Une créance client de 500 000 EUR pourrait être correctement présentée dans le bilan, mais ne pas exister. Un stock pourrait être enregistré dans le grand livre, mais l'entité ne le possède pas physiquement. Une provision pourrait être comptabilisée, mais l'obligation sous-jacente pourrait ne pas exister.
Pour tester l'existence, vous procédez toujours de la preuve vers l'état financier. Vous commencez par une facture client confirmée, un contrat de vente, un reçu de livraison, ou une confirmation directe du tiers. Vous tracez ensuite ce document vers l'enregistrement dans le grand livre et la présentation dans le bilan. C'est l'inverse de tester l'exhaustivité, où vous partiriez du bilan pour vérifier que toutes les transactions y ont été enregistrées.
Exemple pratique : Marchand S.à r.l.
Client : Marchand S.à r.l., distributeur de fournitures industrielles, Bruxelles, chiffre d'affaires de 28 M EUR, rapporteur IFRS.
Étape 1: Sélectionner un échantillon de créances clients à partir du grand livre
Vous consultez le grand livre des créances clients au 31 décembre 2024. Le solde total est de 3,2 M EUR. Vous sélectionnez 18 créances pour un montant de 1,8 M EUR (56 % de la population).
Note de documentation: Liste des créances sélectionnées avec numéros de facture originaux, dates, montants en EUR et noms de clients.
Étape 2: Envoyer des confirmations positives
Pour chaque créance sélectionnée, vous envoyez une confirmation écrite directement au client. Vous demandez au client de confirmer l'existence de la créance, le montant dû et la date d'échéance. Vous exigez que la réponse soit adressée directement à votre cabinet.
Note de documentation: Copies des lettres de confirmation envoyées, adresses des tiers, dates d'envoi et dates de clôture prévues.
Étape 3: Analyser les réponses
Vous recevez 16 confirmations positives sans exception. Deux clients (montants de 85 000 EUR et 42 000 EUR) ne répondent pas à la première demande. Vous envoyez une deuxième lettre. Une des deux finit par répondre ; l'autre ne répond toujours pas après un délai raisonnable.
Note de documentation: Toutes les confirmations reçues classées par client, dates de réception, exceptions notées.
Étape 4: Tracer les confirmations au bilan
Vous comparez chaque confirmation reçue au montant figurant dans le bilan au 31 décembre 2024. Pour les 17 confirmations reçues (16 + 1 de la deuxième relance), les montants correspondent. Pour la créance non confirmée (42 000 EUR), vous exécutez une procédure alternative : vous examinez les documents de livraison originaux, les factures signées et les reçus d'expédition. Ces documents soutiennent l'existence.
Note de documentation: Feuille de rapprochement des confirmations avec les balances de contrôle du bilan, exceptions et procédures alternatives documentées.
Conclusion
L'asserion d'existence pour les créances clients est acceptée. Vous avez tracé 18 créances représentant 56 % de la population à partir de preuves externes (confirmations de tiers) ou de documents d'origine interne, et vous avez confirmé que ces créances existaient bel et bien au 31 décembre 2024. Un constat d'inspection exigerait des réponses de confirmations tracées à la balance de contrôle et une documentation des procédures alternatives exécutées pour les non-réponses.
Ce que les réviseurs et les praticiens se trompent
- Inversion de direction de test : une procédure courante consiste à partir du bilan, à sélectionner une créance client, et à vérifier qu'elle s'est réglée après le 31 décembre (procédure de suivi). Cela teste l'exhaustivité et la valeur réalisable, pas l'existence. L'existence exige que vous commenciez par la preuve (facture, contrat, confirmation) et que vous la traciez au bilan, pas l'inverse.
- Confirmations de tiers non obtenues directement : demander au personnel du client de "chercher une confirmation" ou de remettre une confirmation déjà reçue réduit la valeur probante. L'ISA 505.9 exige que vous envoyer directement la demande de confirmation au tiers et que vous receviez la réponse directement. Tout ce qui passe par le client affaiblit la preuve.
- Acceptation sans enquête des non-réponses : si un client ne répond pas à une ou deux demandes de confirmation, vous devez exécuter une procédure alternative (examen des documents d'expédition, des contrats signés). Accepter une creance non confirmée sur la base du seul rapprochement comptable en arrière-plan expose le dossier à des constats d'inspection pour tests d'existence insuffisants.
Asserion d'existence vs asserion d'exhaustivité
| Dimension | Existence | Exhaustivité |
|-----------|-----------|--------------|
| Question de l'auditeur | Cet actif enregistré existe-t-il vraiment ? | Y a-t-il des actifs ou passifs qui n'ont pas été enregistrés ? |
| Direction du test | De la preuve vers le bilan (confirmation, contrat → grand livre → états financiers) | Du bilan vers la preuve (états financiers → recherche de transactions non enregistrées) |
| Exemple | Sélectionner une créance client à partir du grand livre et l'envoyer directement au client pour confirmation | Examiner les reçus d'expédition après la clôture pour vérifier que toutes les ventes ont été enregistrées en décembre, pas en janvier |
| Erreur d'inspection courante | Documentation insuffisante de la preuve d'existence ; confirmations non tracées au bilan | Acceptation de procédures alternatives faibles pour l'exhaustivité (tests de suivi insuffisants, rapprochements incohérents) |
Termes connexes
Asserion de présentation: La présentation détermine comment une transaction est classée et décrite. L'existence détermine si elle s'est produite.
Asserion de valeur: L'existence confirme qu'un actif est réel ; la valeur détermine à quel montant le comptabiliser.
Asserion d'exhaustivité: L'exhaustivité cherche les transactions manquantes. L'existence confirme que les transactions enregistrées sont réelles.
Procédures substantives: Les tests d'existence sont des procédures substantives, car elles visent à détecter les anomalies dans les comptes.
Confirmation des tiers: La confirmation écrite est la source de preuve la plus fiable pour l'asserion d'existence.
Évaluation des risques d'anomalies significatives: L'existence est l'une des asserions où vous évaluerez les risques liés à la fraude ou aux erreurs lors de la phase de planification.
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Étiquettes d'interface utilisateur
- termTitle: "Assertion d'existence"
- termDefinition: "Les actifs et passifs figurant dans les états financiers existent réellement."
- keyTakewaysLabel: "Points clés"
- howItWorksLabel: "Fonctionnement"
- workedExampleLabel: "Exemple pratique"
- commonMistakesLabel: "Ce que les réviseurs et les praticiens se trompent"
- comparisonLabel: "Assertion d'existence vs assertion d'exhaustivité"
- relatedTermsLabel: "Termes connexes"
- governedByLabel: "Régie par"
- relatedToolsLabel: "Outils connexes"