Fonctionnement

Une écriture comptable naît quand quelqu'un dans l'entité identifie une transaction ou un événement (vente, achat, réévaluation, provision, reclassification) et le saisit dans le système comptable. L'écriture a quatre composantes : le compte débité, le compte crédité, le montant, et la description. Elle crée un justificatif de la transaction. Sans écriture, il n'y a pas de compte de résultat, pas de bilan, rien.
C'est pour cette raison que l'ISA 500.5(a) exige que vous obteniez des éléments probants concernant l'existence, l'exhaustivité, l'exactitude, la classification et l'autorisation de chaque écriture comptable significative. Une écriture qui n'existe pas ne peut pas être un élément probant. Une écriture non autorisée contredit le contrôle d'accès. Une écriture mal classée (par exemple, enregistrer une charge en immobilisations) change le résultat et les actifs, et peut franchir la matérialité.
La plupart des entités utilisent un système de comptabilité qui enregistre automatiquement les écritures. Les plus petites utilisent un registre manuellement. Dans les deux cas, l'ISA 240.A35 exige que vous ayez en tête que les écritures manuelles (en particulier celles saisies après la clôture ou qui contournent la procédure d'approbation) présentent un risque de fraude plus élevé. Si votre entité a un accès large aux écritures manuelles ou un processus d'approbation faible, c'est un risque significatif.

Exemple pratique : Société Métallurgique Loire SARL

Client : fabricant français d'aciers spécialisés, chiffre d'affaires 28 M EUR, IFRS reporter, clôture 31 décembre.
Étape 1 : Identifier une écriture significative
Le client a enregistré une provision pour litige client de 850 K EUR en novembre. Cette écriture représente 3 % du bénéfice net estimé.
Note de documentation : dossier de travail, calendrier des écritures significatives de clôture, référence au dossier juridique.
Étape 2 : Tester l'existence et l'autorisation
Vous accédez au grand livre général et trouvez l'écriture : débit provision 850 K EUR, crédit passif courant 850 K EUR, datée 15 novembre. L'écran d'historique système montre que Jean Dumont, contrôleur de gestion, a saisi l'écriture à 14h35 et que Marie Lefevre, directrice financière, l'a approuvée à 15h22 le même jour.
Note de documentation : capture d'écran du module d'approbation, liste des agents autorisés à saisir et approuver les provisions.
Étape 3 : Tester l'exactitude du montant
Vous vérifiez le dossier juridique. L'avis d'avocat du 10 novembre conclut que l'entité a une obligation probable de 850 K EUR. L'écriture correspond au montant de l'avis.
Note de documentation : avis juridique daté, correspondance avec le montant de l'écriture, classification sous IAS 37 vérifiée.
Étape 4 : Tester la classification et l'exhaustivité
Sous IFRS, cette provision doit figurer au passif courant (IAS 37.69). L'écriture le reflète. Vous vérifiez également que le client n'a pas enregistré d'écritures de reversal ou d'ajustement entre le 15 novembre et le 31 décembre. Aucune trouvée.
Note de documentation : rapprochement des provisions comptabilisées avec les avis juridiques reçus, absence de provisions oubliées.
Conclusion : l'écriture de provision de 850 K EUR existe, a été autorisée, correspond au justificatif probant (avis juridique), est correctement classée et n'a pas été annulée ultérieurement. Défendable.

Ce que les réviseurs et praticiens comprennent mal

  • Constat d'inspection international : Les équipes d'audit testent souvent l'existence et l'autorisation des écritures comptables, mais échouent à tester la classification avec le même rigueur. Un client enregistre un retour de stock en réduction de chiffre d'affaires au lieu de réduction de coût des ventes : l'écriture existe, est autorisée, mais elle est mal classée. La marge brute change. L'ISA 500.5(a) exige des éléments probants sur la classification. Une revue superficielle de l'écran comptable ne suffit pas. Vous devez vérifier le compte d'imputation par rapport à la nature de l'opération.
  • Écritures de clôture mal documentées : Les entités enregistrent des écritures de clôture (consolidation, réévaluation, allocation de charges) en décembre/janvier qui ne sont soutenues que par une description textuelle dans l'enregistrement comptable ("Allocation décembre de 125 K EUR charges partagées"). L'ISA 500.5(a)(i) exige un justificatif probant. Un calcul stocké dans un fichier Excel non lié n'est pas un justificatif probant. Vous devez tracer l'écriture jusqu'à un justificatif documenté : un calcul signé, une approbation datée, un rapprochement avec des données indépendantes.
  • Écritures manuelles après la clôture : ISA 240.A35 énumère les écritures manuelles comme un risque de fraude plus élevé. Les entités enregistrent parfois des écritures le 31 décembre après 17h ou le 1er janvier pour ajuster le résultat sans passer par la procédure d'approbation standard. Votre test de procédure d'autorisation doit inclure une vérification du journal des modifications : qui a accès, quand les écritures ont-elles été saisies, qui les a approuvées, cette approbation a-t-elle suivi la politique.

Comparaison : Écriture comptable vs. Justificatif probant

| Dimension | Écriture comptable | Justificatif probant |
|---|---|---|
| Qu'est-ce que c'est | L'enregistrement de la transaction dans les comptes | Le document ou la donnée qui soutient que la transaction s'est réellement produite |
| Exemple | Débit Immobilisations 50 K EUR, crédit Trésorerie 50 K EUR | Bon de commande, facture, reçu d'installation, rapport d'inspection des actifs |
| Qui le crée | L'agent saisi par l'entité | Le fournisseur, le client, le tiers externe ou le système de l'entité (données transactionnelles) |
| Quand l'auditeur l'utilise | Pour tester que la transaction a été enregistrée correctement | Pour tester que la transaction s'est réellement produite et qu'elle a bien été enregistrée |
| Ce qui se passe mal | L'écriture existe mais n'est pas soutenue par un justificatif | Le justificatif existe (facture) mais l'écriture est inexacte ou mal classée |
L'une et l'autre doivent exister et correspondre. Une facture sans écriture comptable signifie que la transaction n'a pas été enregistrée (défaut d'exhaustivité). Une écriture sans facture signifie que vous ne pouvez pas vérifier que la transaction s'est produite (défaut d'existence). L'ISA 500 vous demande de tester les deux.

Termes connexes

---

  • Procédure de contrôle interne : le processus d'approbation et de vérification que l'entité applique à chaque écriture comptable avant qu'elle n'affecte les comptes
  • Élément probant : tout document ou donnée qui soutient que l'écriture comptable correspond à une opération réelle
  • Assertion : la catégorie d'affirmation que l'écriture comptable soutient (existence, exhaustivité, exactitude, classification, présentation)
  • Risque significatif : l'ISA 315.27 exige une attention particulière aux écritures comptables qui contournent les contrôles ou qui sont saisies par un nombre réduit de personnes
  • Écriture manuelle : une écriture saisie directement par un agent au lieu d'être générée automatiquement par le système comptable; risque de fraude plus élevé selon ISA 240.A35
  • Justificatif d'approbation : la preuve que l'écritur comptable a été révisée et approuvée selon la politique d'autorisation de l'entité

Recevez des conseils d'audit concrets, chaque semaine.

Pas de théorie d'examen. Juste ce qui accélère les audits.

Plus de 290 guides publiés20 outils gratuitsConçu par un auditeur en exercice

Pas de spam. Nous sommes auditeurs, pas commerciaux.