Definition

L'ISA 500.5 exige que l'auditeur obtienne des éléments probants fiables et pertinents. Cela signifie deux choses : la procédure choisie doit être logiquement liée à l'assertion que vous testez, et elle doit produire une conclusion à laquelle vous pouvez vous fier.

Fonctionnement

L'ISA 500.5 exige que l'auditeur obtienne des éléments probants fiables et pertinents. Cela signifie deux choses : la procédure choisie doit être logiquement liée à l'assertion que vous testez, et elle doit produire une conclusion à laquelle vous pouvez vous fier.
Prenez l'assertion d'existence d'une créance client. Vous pourriez :
La troisième procédure teste l'exhaustivité et l'intégration arithmétique, pas l'existence. Elle pourrait rattraper une classe de transactions manquante, mais elle ne montre pas que cette créance spécifique a existé à une date donnée.
La qualité du matériel repose donc sur l'appariement entre le risque identifié et la procédure sélectionnée. ISA 330.15 vous oblige à concevoir des procédures qui répondent directement aux risques évalués. Si vous avez identifié un risque concernant l'enregistrement de fausses factures, une procédure qui teste simplement que les factures enregistrées correspondent aux commandes du système n'y répond pas complètement. Vous devez aussi tester le flux inverse : examiner les commandes saisies et vérifier qu'elles ont toutes fait l'objet d'une facture.

  • Envoyer une demande de confirmation directe au client (procédure très pertinente)
  • Vérifier que chaque facture enregistrée existe dans le système de gestion des commandes (procédure pertinente)
  • Vérifier que le montant total des créances a été enregistré dans le grand livre général (procédure non pertinente pour l'existence de créances individuelles)

Exemple pratique : Meubles Rousseau SARL

Client : entreprise française de fabrication de meubles, chiffre d'affaires 18 M EUR, clôture 31 décembre 2024, normes IFRS.
Risque identifié : enregistrement de ventes fictives à des clients situés à l'étranger (les contrôles internes sur la validation des commandes sont faibles).
Étape 1 : Sélection de la procédure de test
Vous décidez de tester l'assertion d'existence en examinant un échantillon de factures enregistrées en novembre et décembre 2024 et en vérifiant qu'elles correspondent à des bons de livraison signés par le client.
Note de documentation : Procédure sélectionnée pour tester l'existence de transactions de vente. Raison : adresse directement le risque des ventes fictives par confirmation de l'exécution physique (bon de livraison signé).
Étape 2 : Taille et sélection de l'échantillon
Vous testez 45 factures sur les 312 factures enregistrées cette période. Vous sélectionnez 25 factures aléatoires et tous les montants supérieurs à 50 k EUR (20 factures). Raison : les montants supérieurs sont plus probables de contenir des anomalies matérielles.
Note de documentation : Échantillon de 45 factures (14,4 % du volume). Stratification appliquée : tous les montants > 50 k EUR (n=20), plus 25 transactions aléatoires. Raison de la stratification : concentration du risque dans les ventes à gros montants.
Étape 3 : Exécution du test
Pour chaque facture, vous vérifiez :
Vous trouvez 2 exceptions : une facture de 18 k EUR enregistrée le 15 décembre pour laquelle aucun bon de livraison ne peut être localisé (le client confirme avoir reçu le bien par émail), et une facture enregistrée le 1er décembre pour laquelle le bon de livraison porte la date du 3 décembre (inversion de la séquence).
Note de documentation : 43 des 45 factures testées appariées à des bons de livraison. 2 exceptions : 1) Facture 2024-11287, 18 k EUR, 15/12/2024, bon de livraison manquant (confirmation client par e-mail disponible, traité comme exception mineure). 2) Facture 2024-11296, 12,5 k EUR, datée 1er décembre, bon de livraison daté 3 décembre (document établi après la facture, possible erreur de chronologie ou saisie antidatée).
Étape 4 : Projection et conclusion
Les 43 factures sans exception représentent une fiabilité de 96 % dans l'échantillon. Les 2 exceptions totalisent 30,5 k EUR sur 847 k EUR testés (3,6 % d'anomalie). Vous projetez cette anomalie sur la population de 312 factures : anomalie projetée d'environ 20 k EUR.
Cette anomalie projetée excède votre matérialité de performance de 12 k EUR. Vous devez donc étendre le test : soit augmenter la taille de l'échantillon, soit changer la nature de la procédure.
Note de documentation : Anomalie projetée = (30,5 / 847) × 847 k EUR = 30,5 k EUR. Au-delà de la matérialité de performance. Procédure étendue requise.
Conclusion
Le matériel de test (bon de livraison signé) était pertinent pour le risque (ventes fictives), mais l'exécution a révélé que deux transactions ne présentaient pas la preuve attendue. La qualité du matériel n'était pas en cause. C'est l'absence d'éléments probants qui montre que le risque identifié était fondé. Vous avez répondu correctement au risque en sélectionnant une procédure directement liée à l'existence physique des biens. Les exceptions trouvées justifient une extension du test.

  • L'existence d'un bon de livraison original ou d'une preuve de transport (signature du client ou photo d'arrivée du colis)
  • La date de la facture ne précède pas la date du bon de livraison
  • Le montant facturé correspond au bon de livraison

Ce que les réviseurs et praticiens se trompent

  • Constat d'inspection fréquent (Tier 1) : La H2A (Autorité des marchés financiers) a observé dans son rapport d'inspection 2023 que 41 % des dossiers testaient des assertions sans procédures directement liées à celles-ci. Exemple courant : tester l'assertion d'exhaustivité en vérifiant la cohérence arithmétique (tout s'additionne correctement), mais pas en confirmant que tous les éléments ont été enregistrés. L'ISA 500.6 exige que la procédure soit « pertinente pour l'assertion ».
  • Erreur courante liée à la norme (Tier 2) : Confondre la taille de l'échantillon avec la qualité du matériel. Un test de 100 transactions peut avoir une qualité inférieure à un test de 20 si les 100 ne sont pas pertinentes pour l'assertion. ISA 530 traite du dimensionnement. ISA 500 traite de la pertinence. Trop de dossiers coupent dans la pertinence pour augmenter le volume de test.
  • Écart documentaire courant (Tier 3) : L'absence de justification écrite sur la fiche de synthèse du test expliquant pourquoi cette procédure particulière adresse le risque ou l'assertion déclarée. La norme ne demande pas une page de justification, mais suffisamment pour qu'un associé puisse lire la fiche et comprendre le lien logique entre le risque/l'assertion et la procédure choisie.

Termes connexes

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  • Éléments probants : la matière première de votre conclusion d'audit. La qualité des éléments probants dépend de la pertinence du test et de la fiabilité de la source.
  • Pertinence de l'assertion : le concept décrit dans ISA 500.6 exigeant que votre test soit directement lié à l'assertion que vous évaluez.
  • Matérialité de performance : le seuil que vous utilisez pour évaluer si l'anomalie trouvée lors de votre test est significative.
  • Procédures de test des anomalies : le cadre général (ISA 330) qui encadre comment vous structurez votre réponse aux risques identifiés.
  • Échantillonnage en audit : le mécanisme par lequel vous sélectionnez les transactions à tester lorsque vous ne pouvez pas tous les tester.
  • ISA 500 : Éléments probants : la norme qui gouverne comment vous concevez les procédures d'audit et évaluez la pertinence.

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