Fonctionnement

IAS 7.10 exige que vous présentiez les flux de trésorerie selon trois catégories : activités d'exploitation, d'investissement et de financement. La distinction entre ces trois catégories n'est pas toujours évidente et repose sur la substance de la transaction.
Les activités d'exploitation incluent les mouvements de trésorerie liés aux opérations principales de l'entité. IAS 7.13 précise que ces flux incluent les encaissements de clients, les paiements aux fournisseurs et aux salariés, ainsi que les impôts versés. La plupart des entités utilisent la méthode indirecte, qui part du résultat net et ajuste les éléments sans effet de trésorerie (amortissements, variations de fonds de roulement).
Les activités d'investissement couvrent l'acquisition et la cession d'actifs à long terme. IAS 7.16 énumère les achats et ventes de propriétés, d'équipements, d'immeubles de placement, et les placements financiers. Le classement dépend de la nature et de la durée attendue du placement.
Les activités de financement (IAS 7.17) concernent les mouvements affectant la structure du capital : émissions d'actions, remboursements de dettes, paiements de dividendes. Ici intervient un jugement critique : un emprunt à court terme destiné à financer un besoin saisonnier d'exploitation peut sembler d'exploitation par sa nature, mais IAS 7.17 l'oblige à être classé en financement. La source de fonds prime sur l'usage temporaire.
Deux fournisseurs d'un même client recevront des traitements différents pour le même type de mouvement. Prenons deux transporteurs. L'un finance ses flottes par crédit-bail opérationnel (activités d'exploitation). L'autre achète ses camions avec un emprunt obligataire (activités de financement). Les flux nets de trésorerie vers les fournisseurs semblent identiques, mais le tableau de flux de trésorerie révèle une structure financière différente.

Exemple pratique : Rousseau Logistique S.A.R.L.

Client : Entreprise française de logistique, exercice clos le 31 décembre 2024, chiffre d'affaires 28 M EUR, IAS complet.
Étape 1 : Réconciliation du résultat net avec la trésorerie d'exploitation
Résultat net : 2,1 M EUR
Amortissements des immobilisations : 0,8 M EUR
Variation des créances clients : (0,3) M EUR (augmentation des créances = flux négatif)
Variation des dettes fournisseurs : 0,2 M EUR (augmentation = flux positif)
Documentation : dans le papier de travail flux de trésorerie, chaque ligne de conciliation cite la source de l'ajustement : compte de résultat pour l'amortissement, bilan pour les variations du fonds de roulement.
Flux net d'exploitation : 2,8 M EUR
Étape 2 : Classification des activités d'investissement
Acquisition de trois véhicules utilitaires : (0,6) M EUR
Cession d'équipements usagés : 0,05 M EUR
Investissement dans un entrepôt frigorifique : (1,2) M EUR
Documentation : le papier de travail identifie chaque acquisition et cession par numéro d'immobilisation et date de transaction. Une acquisition antérieure en leasing est exclue (pas de sortie de trésorerie pour le bien lui-même).
Flux net d'investissement : (1,75) M EUR
Étape 3 : Classification des activités de financement
Remboursement d'emprunt bancaire : (0,8) M EUR
Paiement de dividendes : (0,4) M EUR
Émission d'obligations (pour refinancer l'entrepôt) : 1,5 M EUR
Documentation : pour chaque emprunt remboursé ou émis, le papier de travail confirme le contrat d'emprunt et la classification (si une partie est à court terme, elle reste en financement, pas en exploitation).
Flux net de financement : 0,3 M EUR
Étape 4 : Variation nette et rapprochement
Variation nette de trésorerie : 2,8 + (1,75) + 0,3 = 1,35 M EUR
Trésorerie d'ouverture : 0,95 M EUR
Trésorerie de clôture : 2,3 M EUR
Documentation : rapprochement final avec le bilan. La trésorerie en compte courant (2,3 M EUR) est comparée au poste « disponibilités » du bilan.
Conclusion
Rousseau Logistique a généré 2,8 M EUR de flux de trésorerie opérationnels. Sans les investissements majeurs (entrepôt et véhicules), le flux disponible aurait atteint 4,55 M EUR. L'émission d'obligations a financé l'expansion. La structure du tableau révèle que l'entreprise investit fortement dans les actifs productifs tout en maintenant une trésorerie suffisante. Ce profil est defensible et documenté de façon à résister à une revue.

Ce que les auditeurs et les relecteurs se trompent sur

Tier 1 (Constat de régulateur) : Les inspections de la H2A ont fréquemment identifié une mauvaise classification des paiements de contrats de location opérationnelle comme des flux d'investissement. IAS 7 traite les paiements de location opérationnelle comme des flux d'exploitation (la location n'est pas une acquisition), mais plusieurs cabinets les classent en investissement par confusion avec les actifs loués. Le paragraphe 6 du guide d'application d'IAS 7 clarifie cette distinction, mais elle demeure une source d'erreur.
Tier 2 (Erreur référencée à la norme) : Les reclassements post-clôture de dettes court terme en financement sont souvent omis. IAS 7.15(b) traite un remboursement antérieur à la clôture comme un flux de financement, même s'il était porté en dettes court terme au bilan. Une entité qui rembourse un découvert bancaire le 28 décembre après l'avoir utilisé en novembre doit montrer ce flux en financement, non en exploitation. Beaucoup de papiers de travail ignorent ce reclassement ou le documentent mal.
Tier 3 (Écart de pratique documenté) : Le tableau de flux de trésorerie est fréquemment présenté sans lien explicite avec les notes annexes, notamment sur les contrats de financement significatifs. IAS 7.42 exige une divulgation des restrictions de trésorerie et des accords de financement non satisfaits, mais peu de dossiers intègrent cette vérification dans le papier de travail de clôture.

Comparaison : Tableau de flux de trésorerie vs. Tableau de variation des capitaux propres

Le tableau de variation des capitaux propres (IAS 1.106) récapitule les mouvements du capital propre : résultat net, autres éléments du résultat global, distributions de dividendes, et transactions avec les actionnaires. Il ne montre pas les flux de trésorerie ; il montre les variations de soldes de capitaux propres.
Le tableau de flux de trésorerie montre le mouvement de trésorerie en tant que tel. Une entreprise peut déclarer un résultat net positif (dans le compte de résultat et le tableau de variation des capitaux propres) mais un flux d'exploitation négatif (si le fonds de roulement a augmenté de façon significative). Un auditeur qui confond les deux conclut que la trésorerie a augmenté, alors qu'elle a baissé.
Le tableau de variation des capitaux propres commence au solde d'ouverture du capital propre et se termine au solde de clôture. Le tableau de flux de trésorerie commence et se termine sur les soldes de trésorerie, en passant par les trois catégories de flux. Chacun répond à une question différente : « Comment le capital propre a-t-il changé ? » vs. « Où l'argent est-il allé ? »

Termes connexes

Ressources ciferi

Le Calculateur de fonds de roulement permet de projeter l'impact des variations du fonds de roulement sur le flux de trésorerie opérationnel, point de départ obligatoire de tout audit incluant une analyse des flux.
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