Fonctionnement

L'ISA 315.A119(a) classe l'assercion de droits et obligations au cœur de l'évaluation des risques d'anomalies significatives. Cette assercion pose une question fondamentale : l'entité possède-t-elle réellement ce qu'elle prétend posséder, et les dettes qu'elle reconnaît sont-elles réellement ses obligations ?
Sur un engagement d'audit, vous testez cette assercion en trois étapes. D'abord, vous identifiez quels risques menacent l'existence réelle de chaque classe d'actifs ou de passifs. Ensuite, vous documentez comment l'entité contrôle la complétude et l'existence. qui procède à l'inventaire physique, comment les comptes fournisseurs sont rapprochés avec les relevés bancaires, comment les actifs loués sont identifiés et ségrégés. Enfin, vous concevez des procédures d'audit qui testent directement cette existence. Pour les actifs corporels, cela signifie observation physique. Pour les créances clients, cela signifie confirmation auprès des tiers. Pour les obligations, cela signifie vérification des documents d'origine et rapprochement avec les relevés externes.
L'ISA 330.6 exige que vous adaptiez vos procédures substantives au niveau de risque que vous avez évalué. Si le risque d'existence est faible (entité stable, inventaires bien documentés, rapprochements mensuels), une approche basée sur les contrôles peut suffire. Si le risque est élevé (entité nouvelle, contrôles internes faibles, changements fréquents dans la composition des actifs), vous exécutez des procédures substantives plus étendues directement.

Exemple pratique : Groupe Fontaine et Fils

Client : Distributeur de fournitures de construction, France, exercice 2024, chiffre d'affaires 18 M EUR, IFRS.
Risques identifiés :
Étape 1 : Risque d'assercion: existence du stock
Groupe Fontaine utilise un système d'inventaire permanent avec comptage physique annuel. Le dernier comptage remonte à trois mois. Vous documentez le processus : quels services contrôlent l'entrepôt, comment les variations sont rapprochées avec la comptabilité, quels sont les délais de saisie.
Note de dossier : procédure de comptage physique du 15 novembre 2024 observée. Trois collaborateurs ont compté 847 références. Écarts identifiés et rapprochés par le responsable entrepôt dans les deux jours.
Étape 2 : Risque d'assertion: existence des dettes fournisseurs
Vous examinez la balance auxiliaire des fournisseurs au 31 décembre. Le montant total est 2,3 M EUR. Vous sélectionnez 14 fournisseurs représentant 68 % du solde et vous demandez des confirmations externes directes.
Note de dossier : 14 demandes de confirmation envoyées le 8 janvier 2025. 13 réponses reçues et rapprochées sans écarts. 1 non-réponse (petit fournisseur, 34 K EUR) ; teste rapprochée avec factures postérieures et bordereau de livraison.
Étape 3 : Risque d'assertion: existence des immobilisations
La liste des immobilisations inclut 11 éléments acquis sur 2024 (serveurs, mobilier, outillage). Pour chaque élément acquis après octobre, vous vérifiez la facture d'origine, la date de mise en service, et vous photographiez l'élément sur site.
Note de dossier : 3 serveurs localisés et photographiés dans la salle informatique le 12 janvier 2025. Factures d'achat vérifiées. Dates de mise en service cohérentes avec les enregistrements comptables. Amortissement commencera le mois suivant la mise en service conformément à la politique comptable.
Conclusion : Les trois risques d'assertion (existence du stock, des dettes fournisseurs et des immobilisations) ont été adressés par des procédures à la fois basées sur les contrôles (rapprochements mensuels documentés) et substantives (observation, confirmation externe, vérification physique). Les notes de dossier documentent comment chaque risque a été réduit à un niveau acceptable.

  • Entrepôt régional avec stocks importants (35 % de l'actif courant)
  • Plusieurs comptes fournisseurs avec paiements retardés
  • Matériel informatique acquis sur six mois (amortissement complexe)

Ce que les réviseurs et les praticiens confondent

Assertion d'existence vs. assertion d'évaluation : Les praticiens confondent souvent l'existence réelle d'un élément avec son évaluation comptable. L'assertion de droits et obligations répond à la question « cet élément existe-t-il réellement ? » L'assertion d'évaluation répond à « est-il mesuré au montant correct ? » Une créance client existe réellement (droits et obligations), mais elle peut être évaluée au mauvais montant (évaluation). L'ISA 315.A119 énumère ces asservices séparément, et l'ISA 330.6 exige que vous testiez séparément chacune d'elles.
Droits vs. obligations : Les praticiens traitent parfois « droits et obligations » comme une assercion unique. Mais l'ISA 315.A119(a) les énumère ensemble car les deux posent la même question d'existence. Un actif est un droit de propriété ou de bénéfice futur. Un passif est une obligation légale ou constructive. Les procédures pour tester l'existence des actifs (observation, confirmation) diffèrent des procédures pour tester l'existence des passifs (demande d'avocats, examination des contrats). Si votre dossier n'adresse qu'une seule de ces dimensions, la couverture d'assertion est incomplète.
Complétude vs. existence : L'assertion de droits et obligations concerne l'existence réelle de ce qui est présenté. L'assercion de complétude concerne ce qui n'est pas présenté. Une entité peut avoir un actif qui existe réellement mais qu'elle a omis de comptabiliser (complétude échouée). L'assertion de droits et obligations n'adresse pas cette omission. L'ISA 315.A119 énumère le risque de complétude séparément. Sur certains engagements (passifs éventuels, lease obligations non reconnues), le risque de complétude dépasse le risque d'existence brute. La distinction documente si votre échantillon de test adresse chaque risque spécifiquement.

Termes connexes

Assertion d'évaluation: Comment l'entité mesure et enregistre les montants, distinguée de l'existence réelle de l'élément.
Risque d'anomalie significative: La probabilité qu'une classe d'opérations ou un solde contienne une anomalie significative, évaluée par assertion selon l'ISA 315.
Procédures substantives: Tests que vous exécutez pour détecter les anomalies directement, par exemple observation physique ou confirmation externe.
Complétude (assertion): Le risque que des éléments qui auraient dû être enregistrés ont été omis, distinct du risque que ce qui est présenté n'existe pas.
ISA 315 (Révisée 2019): Norme gouvernant l'évaluation des risques et l'identification des asservices.
ISA 330: Norme gouvernant la conception et l'exécution des procédures substantives en réponse aux risques évalués.
Confirmation externe: Procédure substantive visant à obtenir directement des tiers une confirmation de l'existence d'une transaction ou d'un solde.
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