Fonctionnement

IFRS 16 paragraphe 22 énonce que si un contrat de location ne transfère pas à titre de substance la quasi-totalité des risques et avantages inhérents à la propriété d'un actif, la location est classée comme location simple. Cette distinction repose sur une analyse du contrat : le preneur obtient-il le bénéfice économique de l'utilisation de l'actif, et le bailleur conserve-t-il l'exposition aux variations de valeur résiduelle ?
Contrairement à la location financement (où le preneur comptabilise un actif au titre du droit d'utilisation), la location simple maintient l'actif au bilan du bailleur. Le bailleur comptabilise les loyers reçus en résultat (généralement en produits opérationnels) au fur et à mesure qu'ils deviennent exigibles ou selon la base linéaire si elle reflète mieux le modèle économique. L'actif loué est amorti selon la politique d'amortissement applicable à ce type d'actif (bâtiments, équipements).
IFRS 16.24 précise que les éléments utilisés pour évaluer le classement incluent : la durée du contrat par rapport à la durée d'utilité économique, la valeur actuelle des paiements de loyer par rapport à la juste valeur de l'actif, et si le preneur supporte des pertes en cas de sinistre ou de perte. Pour beaucoup de contrats de location d'équipement court terme ou de bâtiments avec obligation de restitution à l'état initial, ces facteurs conduisent à un classement en location simple.

Exemple pratique : Société Métallurgique Carnot S.A.S.

Client : Société française de fabrication de pièces métalliques, chiffre d'affaires 28 M EUR, rapportage selon IFRS.
Scénario : Société Métallurgique Carnot loue 12 tours de précision à un sous-traitant pour une durée de 4 ans. La valeur d'acquisition des tours est 480 000 EUR au total. Les loyers mensuels s'élèvent à 11 500 EUR. À l'expiration du contrat, le preneur doit restituer les tours en état de fonctionnement normal.
Étape 1 : Évaluation du transfert de risques et avantages
Durée du contrat : 4 ans. Durée d'utilité économique des tours : 10 ans.
Ratio : 4/10 = 40 %.
(Note de documentation : le ratio durée du contrat sur durée d'utilité économique inférieur à 75 % est un indice que les risques ne sont pas substantiellement transférés)
Valeur actuelle des paiements : 11 500 EUR × 12 mois × 4 ans = 552 000 EUR (approximativement, sans escompte pour simplification).
Juste valeur de l'actif : 480 000 EUR.
Ratio : 552 000 / 480 000 = 115 %.
Ce ratio dépasse 90 %, ce qui pourrait suggérer un transfert de quasi-totalité de la valeur. Cependant, ce seul facteur ne suffit pas.
Étape 2 : Évaluation des risques résiduels
Obligation de restitution : le preneur doit restituer les tours en état de fonctionnement normal. Cela signifie que le risque de dépréciation due à l'usure normale reste supporté par le bailleur (Société Métallurgique Carnot).
Valeur résiduelle : estimée à 160 000 EUR après 4 années d'utilisation. Société Métallurgique Carnot supportera le risque si la valeur résiduelle est inférieure à cette estimation.
(Note de documentation : documentation de l'estimation de la valeur résiduelle et indication de qui supporte le risque de variation)
Pas de clause de garantie de valeur résiduelle du preneur. Le preneur ne garantit pas une valeur résiduelle minimale.
Étape 3 : Conclusion du classement
Les trois facteurs réunis indiquent un classement en location simple :
Comptabilisation :
Société Métallurgique Carnot enregistre les tours comme immobilisations corporelles (valeur 480 000 EUR) et procède à leur amortissement linéaire sur 10 ans (amortissement annuel : 48 000 EUR).
Chaque mois, à la réception du loyer de 11 500 EUR, l'enregistrement est :
Débit : Compte de banque 11 500 EUR
Crédit : Produits locatifs 11 500 EUR
(Note de documentation : pas de variation de l'actif droit d'utilisation, pas de passif de location simple. l'actif reste aux immobilisations corporelles, les loyers sont opérationnels)
À la fin de la quatrième année, lorsque le preneur restitue les tours, Société Métallurgique Carnot évalue la valeur résiduelle réelle (supposons 155 000 EUR). Un écart par rapport à l'estimation initiale de 160 000 EUR est constaté en résultat comme une variation d'estimation.
Conclusion : Cette approche est défendable parce que la documentation clarifie les trois piliers du classement IFRS 16.24, et la comptabilisation reflète la substance : le bailleur conserve les risques et avantages, donc l'actif reste à son bilan.

  • Durée du contrat inférieure à 75 % de la durée d'utilité économique.
  • Risque de valeur résiduelle conservé par le bailleur.
  • Absence de garantie de valeur résiduelle du preneur.
  • Valeur actuelle des paiements partiellement compensée par la rétention du risque résiduel.

Ce que les examinateurs et praticiens interprètent mal

  • Confusion entre « loyers payés » et « quasi-totalité des avantages » : Beaucoup d'équipes pensent que parce que le preneur paie des loyers couvrant la majorité de la valeur de l'actif, il s'agit d'une location financement. L'IFRS 16.24 exige plutôt une analyse des risques de valeur résiduelle et de contrôle. Un preneur peut payer 95 % de la valeur sans se voir transférer les risques résidant chez le bailleur.
  • Absence de documentation du jugement de classement : Les audits manquent à consigner le jugement de classement (location simple vs. financement) avec les facteurs supportant chaque classification. Sans cette documentation, une inspection de la FRC ou de l'AFM relevera que le jugement n'est pas étayé, même si le classement final est correct.
  • Utilisation mécanique du ratio « durée du contrat / durée d'utilité » : certains auditeurs ou entités considèrent que si ce ratio est inférieur à 75 %, c'est automatiquement une location simple. IFRS 16.24(a) l'énonce comme un facteur parmi d'autres. Un contrat de 6 ans pour un actif de 8 ans (ratio 75 %) peut être une location financement si le preneur supporte tous les risques de valeur résiduelle ou de perte.

Comparaison : Location simple vs. Location financement

| Aspect | Location simple | Location financement |
|--------|---|---|
| Transfert de risques et avantages | Non ; le bailleur conserve les risques de valeur résiduelle | Oui ; quasi-totalité transférée au preneur |
| Reconnaissance comptable (preneur) | Pas d'actif droit d'utilisation, pas de passif | Actif droit d'utilisation et passif de location |
| Reconnaissance comptable (bailleur) | Actif immobilisé, amortissement linéaire, loyers en résultat | Créance de location financement, intérêts reconnus |
| Durée du contrat vs durée d'utilité | Généralement 75 % ou moins | Généralement 75 % ou plus |
| Obligation de restitution | Souvent présente ; preneur restitue en état normal | Généralement absent ; preneur acquiert ou cède l'actif |
| Parité comptable preneur/bailleur | Non (asymétrie intentionnelle) | Oui (miroir) |

Quand cette distinction importe dans une mission

Un cabinet d'audit en Belgique évalue la location d'un bâtiment administrative par une PME manufacturière. La durée du bail est 12 ans. La durée d'utilité économique du bâtiment est 40 ans. Les loyers annuels s'élèvent à 180 000 EUR. La juste valeur du bâtiment est 2,2 M EUR.
À première lecture, le ratio durée/utilité (12/40 = 30 %) suggère une location simple. Cependant, en approfondissant :
IFRS 16.24(d) exige de considérer s'il existe une option d'achat ou de renouvellement que le preneur exercera probablement. L'option d'achat irrésistible remet en cause le classement initial en location simple. Cela devient une location financement.
Un audit qui classe ce contrat comme location simple sans documenter l'analyse de l'option d'achat sera rejeté lors d'une revue par pair ou d'une inspection externe.

  • Le contrat inclut une clause d'option d'achat à la fin des 12 ans pour 1,8 M EUR (valeur résiduelle estimée = 2,0 M EUR). Bien que l'option ne soit pas automatique, elle est économiquement irrésistible (le preneur peut acheter pour 1,8 M EUR un actif d'une valeur estimée à 2,0 M EUR).
  • Le preneur est responsable de l'entretien et de l'assurance.

Termes connexes

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  • Location financement : arrangement de location qui transfère substantiellement les risques et avantages au preneur
  • Droit d'utilisation : actif reconnu par le preneur dans une location financement ou une location long terme
  • Passif de location : obligation du preneur de payer les loyers futurs, évaluée à la valeur actuelle
  • IFRS 16 : norme internationale sur les locations simple et financement
  • Valeur résiduelle : juste valeur estimée d'un actif à la fin du contrat de location
  • Juste valeur : prix auquel un actif changerait de mains entre parties bien informées et sans lien de dépendance

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