Estimateur d'émissions Scope 3 | ciferi

Le cadre de déclaration des émissions aux Pays-Bas repose sur la Directive sur la divulgation d'informations non financières (NFRD) transposée en droit...

Contexte réglementaire

Le cadre de déclaration des émissions aux Pays-Bas repose sur la Directive sur la divulgation d'informations non financières (NFRD) transposée en droit néerlandais, et de plus en plus sur la Directive sur la durabilité des entreprises (CSRD) qui s'applique aux grandes entreprises et aux PME cotées en bourse. Les Pays-Bas, en tant qu'économie post-industrielle fortement intégrée aux chaînes d'approvisionnement mondiales et hub logistique majeur de l'Europe, génèrent des émissions Scope 3 substantielles, notamment dans le transport amont (Catégorie 4) et la distribution aval (Catégorie 9).
L'Autorité des Marchés Financiers (AFM) supervise la conformité aux obligations de divulgation pour les entités cotées, tandis que l'Institut Néerlandais des Réviseurs Comptables (NBA) établit les normes de révision applicables. Depuis 2023, les grandes entreprises néerlandaises sont tenues de se conformer à la CSRD, qui impose une divulgation granulaire des émissions Scope 3 par catégorie de la part des entreprises obligatoires.

Sources de facteurs d'émission

Les entités néerlandaises doivent utiliser des facteurs d'émission cohérents avec le GHG Protocol Corporate Standard et privilégier les sources de données de première qualité pour les catégories de Scope 3. Les sources principales incluent :
Le facteur d'émission du réseau électrique néerlandais est d'environ 0,320 kg CO₂e par kWh (2023, basé sur la localisation), reflétant la transition énergétique continue des Pays-Bas vers les énergies renouvelables, notamment l'énergie éolienne et solaire.

  • DEFRA 2024 (UK Department for Energy Security and Net Zero) : facteurs d'émission pour les combustibles, électricité et transport, largement utilisés à travers l'Europe du Nord.
  • Database Emissiegegevens (DBE) : base de données néerlandaise d'émissions gérée par le programme d'amélioration de la qualité de l'air (RIVM), contenant des facteurs spécifiques à l'économie néerlandaise.
  • EXIOBASE : modèle input-output environnemental couvrant les émissions de chaînes d'approvisionnement par secteur, particulièrement utile pour les estimations de Catégorie 1 basées sur les dépenses.
  • Platform Circulaire Economie (PCE) : ressource pour les facteurs d'émission liés au recyclage et à l'économie circulaire, pertinents pour les Catégories 5 et 12.

Attentes d'audit et de contrôle

Les réviseurs d'entreprises exerçant une assurance limitée ou raisonnable sur les divulgations GHG selon ISAE 3410 ou ISAE 3000 (Révisée) se concentrent sur la cohérence méthodologique, la documentation des sources de facteurs et la complétude des frontières. L'AFM, dans ses examens thématiques de la conformité CSRD, s'attend à ce que les entités déclarent le pourcentage d'émissions Scope 3 basé sur des données réelles versus estimées, et expliquent les variations année sur année.
Les auditeurs doivent documenter :

  • La justification des facteurs d'émission sélectionnés et leur alignement avec le GHG Protocol.
  • La complétude des catégories incluses et exclues, avec justification pour toute catégorie considérée comme non pertinente.
  • La méthodologie d'estimation pour les données manquantes ou incomplètes.
  • La réconciliation entre les chiffres rapportés sous la NFRD et la CSRD (le cas échéant).

Guidance pratique pour les estimations Scope 3

Catégorie 1 : Biens et services achetés


Pour les entités néerlandaises sans données détaillées de fournisseurs, utiliser les facteurs de dépense EXIOBASE par code NACE (classification statistique des activités économiques en l'Union européenne). Le facteur d'émission par défaut est d'environ 0,42 kg CO₂e par euro dépensé (moyenne intersectorielle). Pour une précision supérieure, segmenter par secteur d'approvisionnement (matériaux de construction, énergie, services informatiques, etc.) et appliquer des facteurs spécifiques.
Exemple pratique : Constructions Maas-Rhin S.A.R.L., une PME de génie civil basée à Maestricht, a déclaré des achats de matériaux de construction (béton, acier, ciment) d'une valeur de 2,8 millions d'euros pour 2023. En utilisant le facteur NACE pour le secteur de la construction (0,55 kg CO₂e par euro), les émissions Scope 3 Catégorie 1 estimées sont de 1.540 tonnes CO₂e. La documentation comprend : identification des fournisseurs majeurs, classification NACE par ligne d'achat, et justification du facteur sectoriel sélectionné.

Catégorie 3 : Activités liées au carburant et à l'énergie


Ce sont les émissions en amont de l'électricité achetée (extraction du combustible et transmission-distribution). Utiliser le facteur DEFRA 2024 pour les activités en amont : environ 0,025 kg CO₂e par kWh (amont plus pertes de transport). Pour une entité ayant déclaré 15 millions de kWh d'électricité en Scope 2, les émissions Catégorie 3 sont estimées à 375 tonnes CO₂e.

Catégorie 4 : Transport et distribution amont


Compte tenu de la position stratégique des Pays-Bas dans la logistique européenne, cette catégorie est souvent substantielle. Appliquer les facteurs DEFRA par mode de transport :
Pour une entité disposant de données de transport granulaires, multiplier les tonnes achetées par la distance moyenne transportée (en km) et appliquer le facteur modal approprié. Si les données de distance sont indisponibles, utiliser une distance proxy basée sur la géographie du fournisseur (par exemple, distance moyenne depuis la Chine par bateau vers le port de Rotterdam).

Catégorie 6 : Voyages d'affaires


Utiliser les facteurs DEFRA pour les voyages aériens (différencié par courrier/moyen/long-courrier et classe de cabine) et le rail pour les trajets continentaux. Pour une entité ayant enregistré 45.000 km de vols d'affaires (mélange de moyen et long-courrier), appliquer un facteur blended d'environ 0,175 kg CO₂e par km passager, résultant en ~7.900 tonnes CO₂e.

Catégorie 7 : Trajets pendulaires des salariés


Appliquer un facteur par salarié basé sur les données du pays : les Pays-Bas ont un taux de télétravail élevé (45 % post-COVID) et un taux modal de trajets à vélo significatif. Le facteur par défaut de 1,28 kg CO₂e par salarié par jour ouvrable peut être affiné si vous disposez de données de mobilité des employés (pourcentage véhicule personnel / transport public / vélo, distance moyenne).

  • Route (poids lourd) : 0,107 kg CO₂e par tonne-km
  • Transport ferroviaire : 0,028 kg CO₂e par tonne-km
  • Transport maritime : 0,016 kg CO₂e par tonne-km
  • Transport aérien : 0,602 kg CO₂e par tonne-km

Constatations d'inspection et erreurs courantes

Les examens de conformité CSRD menés par l'AFM et les réviseurs accréditant les rapports de durabilité ont identifié les écarts suivants dans les estimations Scope 3 néerlandaises :

  • Périmètre incomplet : Les entités déclarent des Catégories 1, 6 et 7 mais oublient les Catégories 4 et 9 (transport amont/aval), ce qui est particulièrement problématique pour les entreprises avec des opérations logistiques substantielles. La CSRD exige une justification pour toute catégorie omise.
  • Facteurs d'émission non documentés : Plusieurs entités appliquent des facteurs génériques sans documenter le source ou la raison du choix. Une facteur d'émission pour le transport aérien varie considérablement selon que vous incluez le forçage radiatif (RFI). La documentation doit préciser explicitement les hypothèses.
  • Incohérence année sur année : Certaines entités rapportent des réductions spectaculaires d'émissions Scope 3 sans explication. Dans la plupart des cas, le changement est méthodologique (changement de facteurs d'émission ou de base de données) plutôt que réel. La CSRD exige une divulgation de toute restatement d'année antérieure.
  • Données manquantes non traitées : Les entités n'indiquent pas le pourcentage de leurs émissions Scope 3 reposant sur des données estimées versus réelles. Un audit efficace exige une segmentation claire des données brutes versus des estimations et un jugement sur la matérialité des lacunes.

Questions fréquemment posées

Q : La CSRD exige-t-elle la divulgation Scope 3 pour les entités néerlandaises ?
R : Oui, pour les grandes entreprises et les PME cotées obligées par la CSRD. Le cadre ESRS E1 exige une divulgation granulaire des émissions Scope 3 brutes par catégorie de la part des entreprises obligatoires. Pour les PME exemptées, Scope 3 reste volontaire mais de plus en plus attendu par les investisseurs et les clients.
Q : Devrions-nous utiliser des facteurs d'émission DEFRA (UK) pour une entité néerlandaise ?
R : Oui, pour les catégories sans données spécifiques aux Pays-Bas. Les facteurs DEFRA 2024 sont largement acceptés à travers l'Europe du Nord pour les combustibles, l'électricité et le transport. Pour les estimations basées sur les dépenses (Catégorie 1), préférer les facteurs EXIOBASE ou DBE si disponibles pour la segmentation sectorielle. Toujours documenter la source et justifier le choix.
Q : Quel facteur d'émission du réseau utiliser pour l'électricité Scope 3 ?
R : Utiliser le facteur DEFRA de localisation basé (environ 0,320 kg CO₂e par kWh pour 2023) pour les catégories impliquant la consommation d'électricité aux Pays-Bas. Pour le Scope 2 basé sur le marché, les facteurs résiduels néerlandais spécifiques au tarif sont plus précis si les données tarifaires du fournisseur sont disponibles.
Q : Comment dois-je traiter les émissions Scope 3 des filiales étrangères ?
R : Inclure les émissions Scope 3 de toutes les filiales dans les frontières de rapport de l'entité mère. Appliquer les facteurs d'émission appropriés au pays de l'activité (par exemple, facteurs allemands pour les achats fabriqués en Allemagne, facteurs français pour l'électricité consommée en France). Documenter clairement les frontières géographiques incluses.
Q : Faut-il inclure les émissions en amont (puits à roues) dans nos calculs Scope 3 ?
R : Oui. Les facteurs DEFRA incluent les émissions puits à roues (WTT) pour tous les combustibles majeurs. Omettre le WTT sous-estime généralement les émissions Scope 3 de 10 à 20 % pour les entités ayant une consommation de combustible significative. Si vous utilisez des facteurs ne comprenant pas le WTT, l'ajouter explicitement en tant que composante séparée et documenter cette approche.

Contexte spécifique aux Pays-Bas

Les Pays-Bas, en tant que centre logistique de l'Europe, ont une exposition Scope 3 supérieure à la moyenne, notamment dans les Catégories 4 (transport amont) et 9 (distribution aval). Le secteur agricole et agroalimentaire aux Pays-Bas génère également des émissions significatives liées aux engrais et à l'alimentation du bétail (Catégorie 1).
La transition énergétique néerlandaise progresse rapidement, l'énergie éolienne et solaire représentant plus de 40 % de la génération d'électricité en 2023. Cela signifie que les estimations d'émissions Scope 3 pour les catégories impliquant la consommation d'électricité néerlandaise diminueront au fil du temps si les niveaux d'activité restent constants.
Les Pays-Bas publient des facteurs d'émission spécifiques à leurs activités via la base de données RIVM et le programme de déclaration des émissions (PRTR, Pollutant Release and Transfer Register). Ces ressources complètent les facteurs DEFRA internationaux.
Les entités néerlandaises transitioning vers la CSRD doivent généralement revoir leurs estimations NFRD antérieures pour améliorer la granularité et la qualité des données, particulièrement pour Scope 3. Une évaluation indépendante des méthodologies existantes et une reconciliation avec les exigences CSRD sont recommandées.
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