Estimateur d'émissions Scope 3 | ciferi
Les entités néerlandaises opèrent dans un environnement de conformité en matière de décarbonation parmi les plus stricts d'Europe. La directive sur la...
Vue d'ensemble du cadre de conformité
Les entités néerlandaises opèrent dans un environnement de conformité en matière de décarbonation parmi les plus stricts d'Europe. La directive sur la communication d'informations de durabilité des entreprises (CSRD) s'applique aux grandes entreprises établies aux Pays-Bas, qu'elles soient cotées en bourse ou non. Les normes de durabilité de l'Union européenne (ESRS), en particulier ESRS E1-6 sur les émissions de gaz à effet de serre, exigent la divulgation des émissions Scope 3 brutes ventilées par catégorie matérielle.
Pour les entités belges avec des filiales néerlandaises, ou pour les sociétés mères belges d'entités néerlandaises, la consolidation du groupe doit intégrer les données Scope 3 provenant de ces activités. L'Autorité financière des marchés néerlandaise (AFM) supervise les entités cotées et exige une divulgation compatible avec les recommandations du Groupe de travail sur la divulgation d'informations financières liées au climat (TCFD).
Les normes de comptabilité internationales (IFRS) s'appliquent aux comptes consolidés des entités cotées. Les Pays-Bas maintiennent également les normes comptables néerlandaises pour les petites et moyennes entités qui ne sont pas soumises à la CSRD. Aucune de ces normes ne prescrit directement le calcul des émissions Scope 3, mais les ESRS le font maintenant de manière obligatoire.
Contexte réglementaire néerlandais
L'Agence néerlandaise de l'environnement (Planbureau voor de Leefomgeving, PBL) publie les facteurs d'émission nationaux aux Pays-Bas, en particulier pour l'électricité et le transport. Le facteur d'émission de la grille électrique néerlandaise est d'environ 0,390 kg CO2e par kWh (données 2023 basées sur la localisation), reflétant un portefeuille énergétique qui combine l'énergie nucléaire, l'énergie éolienne, le gaz naturel et des sources renouvelables décentralisées.
La Chambre d'audit néerlandaise (Koninklijk Instituut van Registeraccountants, KIRA, désormais intégrée à la profession d'expert-comptable plus large) supervise les réviseurs d'entreprises. Cependant, le cadre d'assurance climatique aux Pays-Bas suit les normes ISAE 3410 (assurance des informations relatives au carbonne) et ISAE 3000 (assurance sur les informations non financières) publiées par l'IFAC.
La Autorité néerlandaise des services financiers (Autoriteit Financiële Markten, AFM) supervise les divulgations climatiques des entités cotées. Une revue thématique de l'AFM en 2023 a noté que les entités néerlandaises omettaient fréquemment de justifier les limites de Scope 3, de classer les catégories comme matérielles ou immatérielles sur la base de critères explicites, et d'expliquer comment les données estimées différaient des données réelles dans la mesure utilisée.
Orientation pratique pour la Belgique
Les entités belges estimant les émissions Scope 3 pour les activités aux Pays-Bas doivent utiliser les facteurs d'émission néerlandais comme source primaire. Le PBL néerlandais publie des facteurs pour l'électricité, le transport et les déchets, alignés sur la méthodologie du Protocole des gaz à effet de serre (GES).
Pour la catégorie 1 (biens et services achetés), utilisez les facteurs de dépenses du PBL ou les facteurs d'activité pour les matériaux spécifiques si vous disposez de données physiques. Le facteur par défaut basé sur les dépenses est de 0,42 kg CO2e par EUR dépensé (moyenne intersectorielle EXIOBASE), mais cela varie considérablement selon le secteur.
Le facteur d'émission de la grille électrique néerlandaise pour 2024 est d'environ 0,390 kg CO2e par kWh (sur la base de la localisation). Cela est légèrement supérieur au facteur du Royaume-Uni (0,207) en raison d'une part plus importante de sources fossiles dans le portefeuille énergétique. Pour la catégorie 3 (émissions liées aux combustibles et à l'énergie), utilisez ce facteur pour les pertes de transmission et de distribution en amont de l'électricité achetée.
Pour le transport (catégories 4 et 9), le PBL fournit des facteurs d'émission par modalité de transport. Pour le fret routier, utilisez 0,107 kg CO2e par tonne-km. Pour le fret ferroviaire, utilisez 0,028 kg CO2e par tonne-km. Pour le fret maritime, utilisez 0,016 kg CO2e par tonne-km. Pour le fret aérien, utilisez 0,602 kg CO2e par tonne-km.
Pour les déplacements professionnels (catégorie 6), le PBL fournit des facteurs pour les vols et les trajets en train. Les facteurs de vol varient selon la distance : vols court-courrier (moins de 3 700 km) à 0,156 kg CO2e par passager-km, vols long-courrier (plus de 3 700 km) à 0,195 kg CO2e par passager-km. Pour le train, utilisez 0,035 kg CO2e par passager-km.
Pour le navettage des employés (catégorie 7), le Bureau d'études pour la politique et la mobilité (KIM, Kennisinstituut voor Mobiliteitsbeleid) fournit des données sur les modes de transport, les distances et les taux de pénétration des véhicules électriques par région. Le facteur moyen pour le navettage aux Pays-Bas est d'environ 1,28 kg CO2e par employé par jour ouvrable, sur la base d'un mélange modal typique incluant la voiture (à moteur thermique), le train et le vélo.
Pour les déchets (catégories 5 et 12), le PBL fournit des facteurs d'émission pour la mise en décharge (avec et sans capture du méthane), l'incinération (avec et sans récupération d'énergie), le compostage et le recyclage. Les facteurs varient considérablement en fonction du type de déchets et de la technologie de traitement.
Attentes en matière d'audit
Les professionnels de l'assurance belges qui examinent les divulgations relatives aux gaz à effet de serre aux Pays-Bas (en vertu des normes ISA (Belgique) ou des normes d'assurance ISAE 3410/3000) doivent se concentrer sur la cohérence de la méthodologie, la documentation de la source des facteurs et l'exhaustivité des limites.
Une revue thématique récente de l'AFM a montré que 40 % des entités examinées divulguaient des émissions Scope 3 sans préciser lesquelles des 15 catégories du Protocole GES étaient incluses ou exclues de la figure déclarée. Cela rend impossible la comparaison entre les périodes ou les pairs.
Les auditeurs doivent vérifier que :
- Les catégories Scope 3 matérielles sont identifiées de manière explicite sur la base de critères quantitatifs (par exemple, « représentant plus de 5 % des émissions totales » ou « conformément aux critères de matérialité d'ESRS E1 »).
- Les facteurs d'émission utilisés correspondent aux sources officielles et aux années de divulgation correctes (par exemple, les facteurs PBL 2023 pour les émissions déclarées pour 2023).
- La séparation entre les émissions estimées et les données réelles est documentée, ainsi que le pourcentage de chaque type pour chaque catégorie.
- Les mouvements d'une année à l'autre dans les émissions déclarées sont expliqués (changement méthodologique, changement d'activité, amélioration des données ou amélioration opérationnelle réelle).
Contexte spécifique aux Pays-Bas
Les Pays-Bas se sont engagés à réduire les émissions nationales de gaz à effet de serre d'au moins 55 % d'ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990. Cet engagement pousse les entités néerlandaises à améliorer sans cesse leurs mesures Scope 3, en particulier dans les chaînes d'approvisionnement et les catégories de transport.
La part des énergies renouvelables dans la production d'électricité néerlandaise a dépassé 40 % en 2023, principalement grâce à l'énergie éolienne terrestre et maritime. Cela signifie que les émissions estimées pour les catégories impliquant la consommation d'électricité aux Pays-Bas diminueront au fil du temps, même si les niveaux d'activité restent constants. Mettez à jour vos calculs chaque année avec les facteurs d'émission de la grille les plus récents.
Les Pays-Bas possèdent un système ferroviaire hautement développé avec une forte pénétration dans le fret et le transport de passagers. Cela signifie que les facteurs d'émission pour le transport ferroviaire doivent être utilisés plutôt que d'assumer un mélange modal par défaut basé sur les données britanniques ou américaines.
Le port de Rotterdam, le plus grand port d'Europe, gère une quantité importante de fret. Si votre entité utilise le fret maritime via Rotterdam, les données de Shanghai, Singapour ou d'autres ports internationaux ne sont pas comparables. Utilisez les facteurs d'émission d'activité maritime du PBL ou les données contractuelles des prestataires de logistique.
Questions fréquemment posées
La CSRD s'applique-t-elle aux entités belges ayant des activités aux Pays-Bas ?
Oui, si l'entité belge est elle-même soumise à la CSRD, elle doit inclure les émissions Scope 3 de toutes ses filiales et activités opérationnelles, y compris aux Pays-Bas, dans la limite de consolidation qu'elle a définie. Si une filiale néerlandaise est elle-même une grande entité conformément à la CSRD, elle peut être tenue de divulguer ses émissions Scope 3 de manière indépendante. Conciliez les deux cadres de conformité pour éviter les doubles comptes.
Devrions-nous utiliser les facteurs d'émission néerlandais ou ceux du Royaume-Uni pour l'électricité ?
Utilisez les facteurs d'émission spécifiques à la localisation du PBL pour les activités basées aux Pays-Bas. Le facteur d'émission de la grille néerlandaise (environ 0,390 kg CO2e/kWh en 2023) est légèrement supérieur au facteur britannique, ce qui reflète un portefeuille énergétique différent. Ne mélangez pas les facteurs d'un pays à l'autre.
Comment les émissions de Scope 3 se comparent-elles entre les Pays-Bas et la Belgique ?
Les profils d'émissions diffèrent en fonction de la composition du secteur et du portefeuille énergétique. La Belgique a un facteur d'émission de grille légèrement inférieur (environ 0,360 kg CO2e/kWh en 2023) grâce à une part plus importante de production nucléaire. Cependant, les deux pays sont proches sur le plan géographique et partagent bon nombre des mêmes prestataires de chaîne d'approvisionnement, de sorte que les estimations de Scope 3 Category 1 basées sur les dépenses seront similaires.
Comment l'AFM traite-t-elle les émissions Scope 3 dans les examens de conformité ?
L'AFM examine les divulgations de Scope 3 pour s'assurer que les catégories matérielles sont clairement identifiées, que la méthodologie est documentée et que les facteurs d'émission sont cités. Une omission fréquente est l'absence d'une distinction claire entre les émissions réelles et estimées. L'AFM s'attend à ce que les entités déclarent le pourcentage estimé par rapport au réel pour chaque catégorie.
Quels secteurs ont généralement les émissions de Scope 3 les plus élevées aux Pays-Bas ?
Le secteur de la fabrication (chimie, machines, équipements électriques), l'agriculture et la transformation alimentaire, et le secteur des transports et de la logistique présentent des profils d'émissions Scope 3 importants. Pour les sociétés de conseil et les services financiers, les catégories 6 (déplacements professionnels) et 7 (navettage des employés) sont généralement matérielles. Pour le commerce de détail et la distribution, les catégories 4 et 9 (transport en amont et en aval) sont généralement les plus significatives.
Devons-nous appliquer un facteur d'effet de forçage radiatif aux émissions aériennes de Scope 3 ?
ESRS E1 n'exige pas explicitement l'application d'un multiplicateur d'effet de forçage radiatif aux émissions de vol. Cependant, si vous divulguez des informations supplémentaires au-delà des exigences minimales (par exemple, à des investisseurs ou pour le rapport de durabilité complet), l'application d'un multiplicateur augmente la pertinence de l'information. Le PBL fournit des facteurs avec et sans effet de forçage radiatif.
Constatations d'inspection
Les auditeurs belges opérant aux Pays-Bas doivent être conscients des lacunes en matière de conformité identifiées par l'AFM :
- Quarante pour cent des entités examinées divulguaient des émissions Scope 3 sans spécifier lesquelles des 15 catégories du Protocole GES étaient incluses ou exclues de la figure déclarée. Cela rend impossible la comparaison d'une année à l'autre ou avec les pairs du secteur.
- L'IRE néerlandaise (avant son intégration) a noté que les entités confondaient fréquemment la limite de Scope 3 (chaîne de valeur complète) avec une limite d'engagement opérationnel (uniquement les sites dont l'entité contrôle les opérations).
- Plusieurs entités ont divulgué des réductions d'émissions Scope 3 d'une année à l'autre sans expliquer si la réduction était due à un changement méthodologique, à une amélioration de la qualité des données ou à une réduction réelle des émissions.
- Certains assureurs ISAE 3410 ont noté que les entités omettaient fréquemment les émissions en amont (well-to-tank) du Scope 3 Category 3, ce qui sous-estime les émissions totales de 10 à 20 % pour les entités consommant du carburant.
Données régionales et grille
Le portefeuille énergétique néerlandais comprend des parcs éoliens terrestres et en mer, des installations nucléaires (réduites), du gaz naturel (en cours de suppression progressive) et des sources renouvelables décentralisées. Le facteur d'émission de la grille baisse chaque année parallèlement au retrait du charbon et à l'augmentation des énergies renouvelables. Utilisez les données du PBL les plus récentes pour votre année de divulgation.
La flotte de transport routier néerlandaise se décarbonise également, avec 14 % des immatriculations de nouveaux véhicules électriques à batterie en 2023. Si vous avez accès à des données de flotte pour les transports des employés ou les activités de chaîne d'approvisionnement, ajustez les facteurs d'émission pour refléter la pénétration des véhicules électriques.
Termes et références standards
Pour les entités belges qui divulguent des émissions de Scope 3 aux Pays-Bas, les termes suivants s'appliquent :
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- Réviseur d'Entreprises : la profession d'auditeur légal aux Pays-Bas et en Belgique. En Belgique, le terme équivalent est Réviseur d'Entreprises (RE).
- Norme ISA (Belgique) : les normes d'audit internationales telles qu'adoptées en Belgique. Elles sont nominalement identiques aux ISA de l'IFAC, avec quelques suppléments locaux dans le cadre de gouvernance.
- ESRS E1-6 : la norme de durabilité de l'Union européenne applicable aux entités soumises à la CSRD, exigeant la divulgation des émissions de gaz à effet de serre.
- Protocole GES : le Greenhouse Gas Protocol, maintenu par le World Resources Institute (WRI) et le World Business Council for Sustainable Development (WBCSD). C'est la norme de facto pour les calculs d'émissions.